Portrait N°20 - Marina Martin
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Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Marina Martin, j'ai 23 ans et je suis en dernière année de master. En parallèle de mes études, je suis sportive de haut niveau de flag football.
Peux-tu nous expliquer ton parcours qui t’a amené au flag, et comment tu as découvert ce sport ?
J’ai commencé par le basket dans un premier temps, puis j’ai fais du sambo, un sport russe qui mélange la boxe, la lutte et le judo. J’ai ensuite pratiqué la natation avant de revenir au basket. Mais je faisais beaucoup trop de fautes dans ce sport, alors ma mère m’a inscrit au football américain.
En grandissant, il n’y avait plus de section féminine dans mon club, ce qui m’a amenée vers le flag football, une discipline qui dépend de la même fédération.
Peux-tu nous expliquer ton parcours dans le Flag football ?
J’ai commencé le flag football en 2020 avec les Centaures de Grenoble, où je suis restée pendant deux ans. Je suis ensuite partie à Paris, où j’ai joué pour les Météores de Fontenay-sous-Bois jusqu’en 2024.
Après ça, j’ai fait une saison en double club : une première partie de saison avec les Redlips, avec qui nous avons été championnes de France, vice-championnes d’Europe et vice-championnes du monde des clubs. Puis j’ai rejoint les Hurricanes de Montpellier pour la seconde partie de saison, où nous avons terminé 4ᵉ du championnat de France.
Cette année, je suis remontée sur Paris et j’évolue désormais avec les Diables Rouges de Villepinte, avec qui nous avons terminé vice-championnes de France.
Peux-tu nous expliquer ce qu’est le flag ?
Le flag football est un sport qui se joue à 5 contre 5. C’est la petite sœur du football américain. L’objectif est de gagner du terrain pour aller marquer dans une zone d’en-but appelée « end-zone ». Lorsqu’une équipe marque, on parle de « touchdown ».
Les règles sont assez proches de celles du football américain, à une différence près : il n’y a pas de plaquage. Pour arrêter la progression de l’adversaire, les joueurs portent une ceinture avec des drapeaux accrochés à la taille. Il suffit alors de décrocher l’un de ces drapeaux pour simuler le plaquage et stopper l’action.
Si tu devais décrire le flag à quelqu'un qui n'y connaît rien, en une image ou une comparaison, ce serait quoi ?
Pour donner une comparaison simple, le flag football est un peu l’équivalent du touch-rugby à 7, mais avec 5 joueurs sur le terrain. Le touch-rugby est un dérivé du rugby, tandis que le flag football est une adaptation du football américain.
Peux-tu nous dire quel est ton poste et nous expliquer en quoi il consiste ?
Moi, je suis receveuse. Cela signifie que lorsque le quarterback (le joueur qui lance le ballon) annonce le « go », je dois réaliser le tracé qu’il m’a demandé, réussir à attraper le ballon, puis avancer pour aller marquer sans me faire déflaguer !
Je connais environ une dizaine de tracés différents, mais j’apprends surtout des concepts de jeu.
Qu'est ce que tu ressens sur le terrain, et notamment en tant que joueuse de l’équipe de France ?
Lorsque je porte le maillot de l’équipe de France, je ressens énormément de fierté. Je suis à la fois très heureuse et excitée à l’idée de jouer et de représenter mon pays.
Mais ce qui me touche le plus, c’est de voir la fierté dans les yeux de mes parents quand je porte ce maillot. C’est un moment qui n’a pas de prix, et je pourrais payer pour revivre cette sensation.
Peux tu nous raconter ton plus beau souvenir en compétition
Mon plus beau souvenir reste un match de poule des championnats d’Europe face à l’Espagne. C’était une rencontre que tout le monde attendait, notamment parce que nous avions perdu contre elles l’année précédente. Il y avait donc une vraie envie de revanche.
Sur ce match, l’ambiance était incroyable. Il y avait un public de folie, du bruit, et je me suis vraiment sentie comme dans un match de soccer, avec des supporters derrière nous qui nous poussaient. Toute cette énergie nous a énormément aidées.
Au final, nous avons remporté le match, et la sensation était incroyable. On avait l’impression d’avoir gagné la Coupe du monde.
Y a-t-il eu un moment où tu as failli arrêter, ou au contraire où tu t'es dit "c'est ça, ma place" ?
Lors de la saison 2022-2023, j’ai failli arrêter le flag. J’avais tout donné pour les détections en équipe de France, mais je n’avais pas été retenue. Comme j’ai un caractère de cochon, je me suis dit : « Même en donnant le meilleur de moi-même, ça ne passe pas… ». À ce moment-là, j’ai vraiment pensé à arrêter.
J’ai donc pris une grande pause avant de revenir en septembre encore plus déterminé. Je me suis dit que j’allais arrêter de me poser des questions, et jouer mon flag.
Cette année-là, j’ai également changé de poste, passant de la défense au rôle de receveuse. Ça à été une révélation puisque j’ai réussi à être MVP sur plusieurs tournois.
Quel est ton rêve pour toi en tant que sportive ?
Comme pour beaucoup de sportives, mon plus grand rêve serait de remporter un titre avec mon équipe nationale. Participer aux Jeux Olympiques serait évidemment le rêve ultime.
Mais avant ça, devenir championne d’Europe ou championne du monde avec l’équipe de France serait déjà quelque chose d’incroyable. Porter ce maillot et décrocher un titre avec mon pays serait une immense fierté.
Quel est ton souhait pour le développement du flag pour la suite.
Mon souhait serait que le flag football devienne un sport reconnu, notamment médiatiquement, et qu’il puisse faire partie des sports que les jeunes découvrent et pratiquent naturellement.
Aujourd’hui, c’est encore un sport de niche, mais nous travaillons pour qu'il se développe . Nous aimerions que les médias s’intéressent davantage à notre discipline, qu’ils parlent de nos compétitions, de nos performances et qu’ils aident à faire connaître le flag au plus grand nombre.